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«Oui la lutte des classes est toujours d'actualité» - 2017.06.07

Rejoint par Sarah Projift et une parti du PS, le candidat EELV, Mathieu Ebbesen-Goudin, veut porter la social-écologie, dans une perspective «résolument européenne».

Ex-syndicaliste cheminot, Christian Ribeyrotte est le candidat du Front de gauche (avec pour suppléante). Déçu que l'unité ait éclatée avant les élections, il garde l'espoir de lendemains unitaires dans un large «front populaire citoyen».

Vous êtes partis très tard dans ces élections, n'est-ce pas handicapant ?

Le handicap, c'est de partir divisés. Nous avons tardé à nous lancer car nous avons cherché le compromis autant que possible avec France Insoumise. C'est un regret sincère. D'autant que c'est une question qui taraude les militants. Mais je suis persuadé que nous retrouverons le rassemblement. Après le 18, il y aura le 19, ce sera le temps du bilan et de la reconstruction.

Vous pensez déjà à l'après élection ?

Bien sûr ! Après les élections, nous devrons nous organiser pour résister aux projets de président de la République. Il faudra un large rassemblement, au-delà du Front de gauche et de la France Insoumise : EELV ou les frondeurs du PS sont également concernés, car personne n'a envie de voir sa retraite amputée d'un point et demi de CSG, de perdre du pouvoir d'achat…

Revenons-en aux législatives : quel serait le pilier de votre programme ?

La question numéro 1, c'est le pouvoir d'achat : pour les actifs autant que pour les retraités. C'est la source de tous les problèmes, et il permet de résoudre tous les problèmes : il crée des débouchés pou r les salariés, pour commerçants, les artisans…

La mesure urgente, c'est de passer une SMIC à 1 500 € brute (et pas de retraites inférieures au SMIC pour une carrière complète).

Et vous le financez comment ?

En remettant en cause toutes les exonérations fiscales distribuées depuis plus de 10 ans et les allégements de charges. Ça nous a coûté 200 milliards, et ça n'a pas permis d'inverser la courbe du chômage. Il faut donc revoir ces attributions. La fraude et l'évasion fiscale représentent également une belle source (80 milliards d'€). Ce qui permettrait de répondre à la 2e question prégnante : les services publics. Tous sont concernés : gares, poste, trésor public, transport, santé…

Le contraire de ce que propose M. Macron en somme !

Lui aussi a annoncé de prochaines économies, il veut réformer : pourquoi ne pas y croire ?

Oui, il a annoncé 60 milliards d'économies… et la suppression de 125 000 fonctionnaires. C'est l'anti-service public ! Quant à sa réforme (le mot est mis à toutes les sauces), elle vise à donner plus de poids au capital. Nous, ce que nous voulons, c'est une réforme au bénéfice de la masse : le capital, on peut lui en prendre un peu, ça ne le ruinera pas.

Quoi qu'il en soit, Emmanuel Macron a été élu par les Français?

Il a été élu par défaut (contre Le Pen), sur un consensus mou droite-gauche. C'est le rassemblement de la grande bourgeoisie - de droite et de gauche - qui s'attaque à la force de travail. D'où la menace sur le Code du travail.

C'est le retour de la lutte des classes ?

Elle n'a jamais cessé. Elle a pris des formes différentes, cachées, mais elle est toujours d'actualité.

D'où la nécessité que la grande société de gauche se retrouve sur un large front populaire citoyen. pour résister. Nous avons une multitude de défis à relever : démocratique, écologique, économique, social. Tous sont à mener de front.

Au risque de condamner les partis politiques ?

Ce n'est pas le devenir des forces en présence qui est important : l'enjeu, c'est l'humain.

Propos recueillis par Hervé Boucleinville

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