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Gérald Bloncourt, une vie appareil-photo au poing - Exposition à l'Annexe du Musée

Avant la grande rétrospective que va lui consacrer l'Hôtel de Ville de Paris, en 2018, c'est à Figeac, jusqu'au samedi 9 décembre, que le photographe, peintre, auteur et poète antillais, Gérald Bloncourt pose son «Œil en colère». Accueilli à l'Annexe du Musée Champollion, il présente une exposition de 65 photographies et sera présent, vendredi, à 20 h 30, pour une soirée avec le public. Interview.

Parlez-nous de votre parcours, comment êtes-vous arrivé à la photographie ?

Je suis né en 1926 à Bainet (Haïti), j'ai suivi des études classiques. Étant jeune, je passais beaucoup de temps à discuter sur l'évolution de la société et ses contradictions, le racisme, l'exclusion, la misère. La société n'était pas juste, il fallait la changer. En 1946, suite à la chute du gouvernement haïtien, j'ai été expulsé d'Haïti, et je me suis installé à Paris où, tout à fait par hasard, j'ai trouvé un travail de photographe dans un magasin. Militant communiste, très vite, j'ai été nommé responsable politique du service photo de L'Humanité, pour lequel j'ai couvert de nombreux conflits sociaux. C'est comme ça que j'ai appris le métier de photo-journaliste et que j'ai compris qu'il était possible de militer, de résister et de changer les choses un appareil photo à la main. Je suis ensuite devenu indépendant. J'ai travaillé pour de nombreuses éditions engagées et je me suis fait un nom.

Quels sont les moments forts de votre parcours ?

Chaque révolution, chaque lutte, chaque conflit que j'ai couverts ont été des moments forts. Il y en a tellement que je ne puis en distinguer un parmi d'autres.

Pourquoi poser votre «Œil en colère» à Figeac ?

Je réponds à l'invitation d'un ami écrivain figeacois, Margot Marguerite (N.D.L.R. : commissaire de l'exposition).

Comment résumer ces 70 ans de photo-journalisme ?

Je me rends compte que je n'ai pas été inutile. Mes photos sont sans cesse publiées. Je suis un passeur de mémoire avec plus d'un demi-siècle de témoignages photos mais je continue la lutte, j'ai encore beaucoup de choses à dire et à transmettre.

Question photo, êtes-vous passé à l'ère du numérique ?

Oui, j'ai travaillé sur tout type d'appareils argentiques. Le numérique est un outil miraculeux qui donne plus de confort, de liberté et de rapidité. Ma photothèque compte 200 000 négatifs plus les photos numériques.

Propos recueillis par Jean-Louis Mouysset

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