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Les agents hospitaliers affectés par des réaffectations « en dépit du bon sens » - 2018.05.15

Grève et mobilisation à l’hôpital, hier

Près de 130 agents étaient en grève hier à l’hôpital de Cahors sur fond de réaffectations dans le cadre de la restructuration de l’établissement. La pilule passe mal.

La restructuration en cours, à l’hôpital de Cahors, ne semble pas être réalisée sous anesthésie générale ni locale si l’on considère les douleurs et les coups au moral que cela provoque chez les agents s’estimant lésés par cette mesure de réorganisation.
Une mesure destinée à rééquilibrer les services.
Elle a également l’ambition de regagner la confiance des Cadurciens qui n’hésitent plus à s’orienter vers d’autres structures hospitalières où, parfois, les délais d’attente sont moins longs. Le vrai malaise c’est bel et bien celui qui touche d’abord les soignants en attente d’une écoute attentive vis-à-vis de leurs souhaits professionnels et de leur rythme de travail.
Cette restructuration implique des mutations internes générant ici un mouvement de grève nourri par une pluie de contestations. Les deux syndicats FO et CGT demandaient hier « une nouvelle négociation des affectations » en estimant que celles-ci ont été faites « en dépit du bon sens pour certaines d’entre elles. » La preuve par l’exemple : une infirmière voit sa vie bouleversée par l’affectation qui lui est imposée. « Cela fait 20 ans que je travaille la nuit. C’était mon choix et on m’oblige à travailler de jour à partir du mois de juin. Cela va me contraindre à réorganiser toute ma vie. Nous avons rempli une fiche d’affectation où nous précisions nos vœux. Ils n’ont pas été respectés. On nous demande d’être humains dans des conditions qui, elles, ne sont pas du tout humaines » déplore-t-elle le regard tourné vers un panneau où l’hôpital affiche ses ambitions : « Humanisation et restructuration du centre hospitalier de Cahors. » Cherchez l’erreur.
« C’est de la maltraitance à soignants »
Une infirmière qui n’est pas concernée par les réaffectations annoncées apporte son soutien.
« Ces mutations sont aberrantes. Les soignants vont en pâtir, les patients aussi car aucune formation n’est prévue pour les agents qui vont changer de service en juin. Ce n’est pas normal. Il faut respecter les choix et la vie des soignants » lance-t-elle.
Des agents se pressent devant le bureau du directeur et à l’extérieur. Dehors il fait froid, mais la fièvre monte à l’hôpital.
Le gilet est de circonstance pour une soignante qui décrit la situation en quelques maux : « C’est de la maltraitance à soignants. » Un bon résumé qui en dit long.
Jean-Luc Garcia

Francis Teulier : « toutes les demandes seront entendues »

En présence d’un taux de grévistes d’environ 14 % hier, FO et la CGT se sont satisfaits de l’obtention de certaines avancées de la part de la direction de l’hôpital. « Les organisations syndicales vont rester vigilantes par rapport aux conditions de travail » déclare Marie-Laure Roumègas, secrétaire FO de l’hôpital. Francis Teulier, le directeur, s’exprime à son tour. « La restructuration consiste à diminuer le nombre de lits en chirurgie et à réadapter notre volume d’activité. L’objectif, en concertation avec la CME (Commission médicale d’établissement) et l’ARS (Agence régionale de santé), c’est de maintenir toutes les spécialités de l’hôpital. Mais pour cela il faut diminuer la voilure de certains services » souligne-t-il. « Ce mouvement de contestation est lié à une insatisfaction qui concerne certains redéploiements. Nous avons étudié les profils de mobilités, mais il y a des ajustements auxquels nous devons procéder dans la mesure de nos possibilités. C’est ce que nous nous sommes engagés à faire avec les syndicats. Cette semaine toutes les demandes seront entendues pour répondre favorablement, le cas échéant, à l’insatisfaction des agents. La situation de déficit en raison de la baisse de l’activité nous contraint à reconsidérer notre capacité de lits et à redimensionner les activités et les effectifs.
Ce sont des ajustements » insiste le directeur. Des ajustements que beaucoup trouvent injustes.

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