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Colère noire et manif parodique en blouses grises à Cahors // 2018.11.13

Certains ont baptisé la mobilisation d'hier, à Cahors, la manif des blouses grises. Ils ne veulent pas d'une école qui appliquerait «les bonnes vieilles recettes» avec l'uniforme et les punitions.

Le budget de l'éducation, qui doit être voté à l'Assemblée nationale, puis les conditions d'apprentissage, les suppressions de poste à craindre dans le Lot, entre autres motifs d'insatisfaction, ont mobilisé 170 manifestants hier à Cahors.

Ces personnels de l'éducation issus des établissements scolaires lotois, dont une majorité de Cahors, annonçaient par voix syndicale (le SGEN-CFDT) un taux de grévistes oscillant de 25 % à 30 % dans le premier degré et entre 40 et 50 % dans le second, soit des valeurs bien supérieures à la moyenne nationale flirtant avec les 12 %. Les syndicats de l'Education FSU, le SGEN-CFDT, l'Unsa éducation, mais aussi la GGT ont défilé sur le boulevard Gambetta, avant de bifurquer en direction du bureau du Dasen (Directeur administratif des services de l'éducation nationale) où une délégation a été reçue.

«On nous demande de rentrer dans les rangs. Nous allons perdre notre liberté pédagogique» lance avec force un professeur de mathématiques. Corinne Maillé, enseignante en maternelle déplore, quant à elle, cette fâcheuse tendance à revenir à l'ancien qui ne tient pas compte des réalités concrètes et des besoins».

Un cri de colère et l'article 22

En résumé, la réforme qui propose un flou artistique des plus désagréable aux enseignants et à l'ensemble du personnel éducatif leur inspire ce cri de colère lourd de sens : «On applique l'article 22 : démerde-toi comme tu peux» regrette Pauline Lair en charge du dossier précarité des AESH (Accompagnants des élèves en situation de handicap) et des AVS (Auxiliaires de vie scolaire). Elle enfonce le clou estimant que sa profession manque cruellement «de considération, de rémunération et de moyens».

Cette précarité a été clairement dénoncée hier par le SGEN-CFDT, dont les membres avaient revêtu une blouse grise de circonstance. Les AESH et les AVS représentés hier ont fait entendre leurs revendications haut et fort et ont reçu le soutien de Marie Piqué, vice-présidente du conseil régional, notamment en charge des solidarités.

«Les situations que nous vivons ne nécessitent pas seulement le maintien des postes, mais surtout un accroissement de ceux-ci.

Le service public de l'enseignement doit être renforcé et pas amputé de ses moyens» déclare l'élue régionale. Enfin, Vincent Gomez, secrétaire départementale du SGEN-CFDT, reçu par le Dasen, indique que ce dernier est «rassuré par le fait que le Lot perdrait moins de postes que prévu». Le Dasen n'a cependant aucune lisibilité sur ce sujet qui demeure la principale source d'inquiétudes et de mobilisations. D'autres manifs sont à prévoir. Les syndicats présents hier ne sont pas du genre à abandonner la lutte. Même si celle-ci semble inégale.

Jean-Luc Garcia

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