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Le numéro 185 017 nous a quittés // 2019.06.06

185 017 : ce numéro était le matricule tatoué sur le bras gauche de Jean Bascle. Ce Cadurcien de 94 ans vient de décéder à l’Ehpad de Pradines. En cet anniversaire du D-Day, c’est une autre page, terrible, de la Seconde Guerre mondiale que son histoire vient nous rappeler.
Il avait été tatoué d’office à son arrivée au camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau en avril 1944. Son crime ? Avoir milité et résisté à l’envahisseur nazi avec son groupe de la « Résistance fer » et effectué plusieurs sabotages tant à Cahors que dans les environs. Le groupe avait été dénoncé.
Jean Bascle a vécu le voyage en enfer à plus de cent dans les wagons à bestiaux et terminus à Auschwitz. Il a vu les chambres à gaz et les fours crématoires ; il avait dû procéder au nettoyage d’une chambre après une extermination, en attente d’une prochaine fournée macabre ; il y avait vu des horreurs ; il n’avait pas 20 ans.
Le 12 mai 1944, départ pour Buchenwald et onze jours après pour Flossenburg où il est resté près d’un an ; dysenterie, typhus, la faim, le froid, la mort… Pour finir, l’évacuation du camp le 24 avril 1945, et la route de la mort. Sur les 100 km parcourus, plus de 10 000 morts car ceux qui ne peuvent plus marcher sont abattus d’un coup de revolver. Résister pour être libre. C’est fini le 27 avril au matin, libérés par les troupes américaines.
De retour à Cahors le 17 mai 1945, Jean Bascle est embauché à EDF, récemment nationalisée. Il a milité toute sa vie, également passeur de mémoire tant auprès des jeunes que des adultes ; il a été un temps président du Musée de la Résistance et de la Déportation ; chevalier de la Légion d’honneur, les honneurs militaires lui ont été rendus ; un Grand Homme, un Grand Monsieur. Nos sincères condoléances à toute sa famille.

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