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Intervention du PCF 46 prononcé par Christian Ribeyrotte lors du rassemblement samedi 15 juin en gare de Figeac pour la défense du service public ferroviaire

 

Figeac, le 15 juin 2019

 

Madame, Monsieur,

Mesdames, Messieurs les Elu-e-s locaux, Madame la Députée,

Chers Amis, Chers Camarades,

 

Nous sommes heureux d'être présents à cette journée d'action pour la défense du Service Public ferroviaire du Sud Cantal et du Nord de l'Occitanie. Les sections PCF de Capdenac-Gare, de Figeac, leurs Fédérations de l'Aveyron et du Lot, en fait, poursuivent le combat du printemps 2018, sous d'autres formes...

 

En effet, notre organisation politique a fait le choix sans hésiter de rejoindre le Comité de vigilance ferroviaire de Midi Pyrénées en février 2019 qui constitue une suite logique aux nombreux débats-actions que nous avons ouverts en 2018, pour apporter notre total soutien aux luttes des Cheminots, il y a un an déjà.

 

Avant de venir sur la question du Service Public SNCF, permettez-moi de remarquer qu'au lendemain des élections européennes, comme par hasard, il y a une accélération de la casse, des plans sociaux, à savoir :

  • Général Electric moins 1000 postes, les menaces sur Renault, procédure de redressement judiciaire pour Whirpool, 700 postes menacés à Auchan, 1200 à Carrefour, rien de réglé pour Ascoval 270 salariés, Bosch à Rodez et les emplois induis...

  • à travers ces entreprises, des pans entiers de notre industrie sont menacés, dont certaines d'entre elles ont un intérêt écologique certain !...

 

Mais le comble, c'est L'HÔPITAL !

Face au manque criant de moyens, face à la détresse de ceux qui sauvent des vies, personne ni même le Gouvernement ne peut dire : «  nous ne savions pas » !

 

Trois mois de grève des soignants, des personnels hospitaliers, des métiers nobles pratiqués en général par vocation et dans l'intérêt général, se soldent par un ras le bol général, mais aussi par la volonté de voir leur profession reconnue financièrement en matière de salaire, par la volonté de créer rapidement à minima 10.000 embauches. Et la Ministre de répondre : «  les Urgences sont en détresse, je le sais... ».

 

Mais elle a oublié de préciser que le Président MACRON avait exigé près d'1 milliard d'euros d'économies en 2018 (fermetures et restructurations d'hôpitaux de proximité se succèdent) et pendant ce temps-là, E. MACRON en visite à Genève a osé dénoncer devant l'OIT (l'Organisation Internationale du Travail) ce qu'il appelle les dérives d'un « Capitalisme devenu fou » ...on croit rêver !

 

J'arrête ici mon propos sur le contexte actuel pour revenir à la question qui nous préoccupe aujourd'hui, mais les liens entre tous ces sujets sont étroits et liés par la politique d'austérité imposée pour servir toujours plus les intérêts des plus riches et du grand Capital.

 

De même, l’absence de solutions sur tous ces sujets dans l'acte II , le discours de politique générale du Premier Ministre, ne fait que par ailleurs confirmer la politique de casse engagée, de restrictions budgétaires sans parler des attaques à l'Assurance Chômage, à notre système de retraite, aux régimes spéciaux, en fait, à notre Sécurité Sociale... un bien commun.

 

Il me faut maintenant revenir aux trains, d'aujourd'hui et de demain dans notre milieu rural.

 

 

 

Pour se faire, permettez-moi de citer Mme Carole DELGA (Présidente de l'Occitanie) extrait du N° 18 du Journal de la Région : « Un an après, la SNCF n'a honoré aucun de ses engagements. Je ne blâme pas les Cheminots dont je connais l'attachement au Service Public... Les mauvais chiffres 2018 de la SNCF :

  • 16 trains supprimés par jour (hors grève),

  • 46 trains en retard par jour,

  • 5 trains par jour ne respectent pas les capacités d'accueil prévues,

  • 34% des usagers seulement sont satisfaits du niveau d'informations SNCF fournies.

 

En conséquence, je demande à l'Etat, au Gouvernement, autorité tutélaire de la SNCF, de jouer son rôle de garant de l'intérêt général. La SNCF ne peut pas viser uniquement la rentabilité, elle a une mission d'aménagement du territoire. Elle l'a oubliée, il faut la lui rappeler urgemment et fortement. »

 

ET BIEN C'EST CE QUE NOUS FAISONS ENSEMBLE !

 

Par ailleurs, à ce stade, je tiens à excuser Marie PIQUE du PCF, Vice-Présidente de l'Occitanie et Jean-Luc GIBELIN du PCF, Vice-Président en charge des mobilités et des infrastructures de transports en Occitanie qui nous a fait parvenir son témoignage écrit pour cette initiative et que je me propose de porter à votre connaissance. Je le cite :

 

«  SOUTIEN AU RASSEMBLEMENT CITOYEN POUR LA DÉFENSE

ET LA PROMOTION DU POLT ET DES DESSERTES FINES (lignes 7 à 9)

 

Retenu à Villefranche de Conflent à l'occasion de la fête du Train Jaune, je tiens à apporter mon soutien plein et entier au rassemblement citoyen de ce 15 juin organisé conjointement par l'Association des Usagers des Lignes du Massif Central et les Syndicats CGT des Cheminots des régions Occitanie et Auvergne-Rhône-Alpes. Dans le cadre de mon mandat de Vice-président en charge des mobilités et infrastructures de transports, je maintiens que l'Etat se doit d'assumer ses responsabilités de maître d'œuvre des trains d'équilibre du territoire au premier chef des trains de nuit mais aussi ses responsabilités concernant les infrastructures ferroviaires notamment celles de dessertes fines du territoire.

 

Nous sommes très clairement engagés pour la défense et la promotion du POLT. Nous soutenons la demande de renouvellement du matériel roulant par l'Etat, nous sommes attentifs et mobilisés pour la rénovation de l'infrastructure ferroviaire.

 

La Région Occitanie réaffirme que l'Etat ne peut se désengager de sa mission de Service Public et abandonner les outils d'aménagement indispensables à l'obligation d'égalité territoriale.

 

Depuis le début de ce mandat, dans ma charge d'élu régional et dans un contexte national hostile globalement aux services publics, je me bats pour la sauvegarde de nos lignes, dont je rappelle que près de 40% sont menacées de suspension ou de suppression sans l'intervention financière de la Région !

 

Lors de la négociation de la Convention TER, j'ai obtenu la sanctuarisation de 97% des guichets, l'ouverture des bâtiments voyageurs, l'augmentation du nombre de dessertes, la commande de matériels neufs supplémentaires, installé des comités de suivi non seulement avec SNCF Mobilités mais aussi avec SNCF Réseau et aussi des Comités Départementaux des Mobilités. Car au-delà de ses prérogatives, la Région Occitanie porte une stratégie offensive pour sauver le réseau ferroviaire, pour sortir de la zone rouge nos lignes de dessertes fines du territoire.

 

En lien constant avec les associations d'usagers mais aussi avec les Cheminot-e-s et les organisations syndicales qui les représentent, je reste attentif aux situations qui partout, pourraient mettre en péril la qualité du service rendu aux voyageurs, aux décisions qui auraient un impact négatif sur l'emploi dans les gares, aux réorganisations qui contrediraient la Convention TER signée pour la période 2018-2025.

Je suis donc à vos côtés pour cette journée d'action devant la gare de Figeac, ce grand rassemblement citoyen où organisations syndicales, associations d'usagers, élu-e-s, partis politiques et citoyen-e-s font entendre leurs voix pour la sauvegarde de nos gares, de nos lignes, de nos trains. »

 

Après ces témoignages d'Elu-e-s, ceux du syndicat CGT des Cheminots et des associations d'usagers, alors qui ne joue pas le jeu pour la défense, la modernisation, le développement du Service Public ferroviaire en Occitanie et dans le pays ?

 

Et bien c'est ce Gouvernement, avec ses bras armés que sont Guillaume Pépy, SNCF Réseau et SNCF Mobilités ! Le pacte ferroviaire porté par un exécutif coutumier du passage en force, confirme que cette loi est dogmatique et a simplement servi au gouvernement à faire passer ses trois marqueurs politiques de droite : concurrence, privatisation et casse du statut des Cheminots.

 

Et ce que le Gouvernement n'a pu faire rentrer dans sa réforme, il veut l'imposer dans la LOM (Loi d'Orientation des Mobilités) actuellement en débat au Parlement, en ouvrant par exemple la possibilité de confier la gestion de portions de l'infrastructure à un opérateur privé.

 

Sans oublier un grand nombre de régions politiques qui s'apprêtent, comme Xavier Bertrand dans les Hauts de France, à privatiser les principales lignes TER au 1er janvier 2020.

 

Si nous mesurons les grandes différences qui existent entre les régions politiques et les points d’appui de la Convention TER en Occitanie, même si elle ne va pas au bout de toutes les demandes des Cheminots, des usagers, il existe des leviers pour RÉSISTER ET LUTTER ENSEMBLE.

 

Mais pour les Cheminots de notre grand bassin ferroviaire, il y a un bémol, celui de voir à la tête des Comités Départementaux des Mobilités de l'Aveyron et du Lot, des Elus locaux avec un mandat régional qui ont voté dans un autre mandat la casse d'un axe ferroviaire Cahors/Capdenac/Figeac, certes fermé mais pour en faire une voie verte… Les Cheminots et de nombreux citoyens, usagers du rail, trouvent ces désignations mal venues et cette décision politique en opposition avec la Convention TER, avec le devenir du Service Public en milieu rural déjà menacé par ce Gouvernement.

 

Oui, Mesdames, Messieurs, le Service Public ferroviaire, comme l'ensemble des Services Publics, est un facteur essentiel dans la construction d'une société où l'égalité et la justice priment sur l'argent et le business. Livrer le transport ferroviaire fret et voyageurs comme la gestion et l'entretien à des opérateurs avides de profits, équivaudrait à préparer une contraction du transport ferré avec de graves conséquences sur le plan social, économique et environnemental.

 

Hausse des tarifs, baisse de l'offre, suppression d'emplois, abandon de pans entiers du territoire, dégradation de la qualité, de la sécurité des hommes et des circulations, voilà les résultats constatés en France pour le fret et dans les pays d'Europe qui ont libéralisé le transport des voyageurs. D'ailleurs certains reviennent en arrière.

 

C'est tout cela que les Cheminots, avec la CGT, l'UNSA, SUD-RAIL, la CFDT, les Associations d'usagers, ont dénoncé en manifestant massivement, avec plus de 15.000 personnes dans les rues de Paris le 4 juin.

 

N'en déplaise à certains qui ici et là ont voté cette loi sur des mensonges pour viser l'atomisation du Service Public SNCF. La lutte continue !

 

Leurs choix vont à contre-sens de l'histoire, le chemin de fer public est le plus apte à répondre aux enjeux sociétaux et environnementaux qui sont au cœur des préoccupations quotidiennes du plus grand nombre.

 

Et si la politique de LREM c'est le Nouveau Monde, et bien tout est dit !

 

Quand une loi est mauvaise, il faut la changer !...Dans ce cadre, le Parti Communiste Français porte huit propositions :

 

  • Le maintien d'un service public ferroviaire national sous le contrôle démocratique des citoyen-e-s, des élu-e-s et des cheminot-e-s réalisé par une entreprise publique nationale unique et intégrée, la SNCF,

  • Une politique des transports basée sur la complémentarité entre les modes (fer, routier, maritime, aérien...) intégrant la dimension sociale et environnementale,

  • Une politique tarifaire uniforme dans toutes les régions et le retour à une référence au KM et non au marché,

  • Une offre de transport garantissant l'égalité d'accès au transport ferroviaire pour chaque citoyen-e de notre pays,

  • L'arrêt de toutes les fermetures de lignes, de gares, de guichets, de boutiques en ville et de triages avec des projets de développement du transport ferroviaire public partout où les besoins s'expriment,

  • Déclarer le fret ferroviaire public d'intérêt national, développer une stratégie pour faciliter le report modal en doublant la part du transport par le fret ferroviaire en France. Pour cela, dans le Lot et l'Aveyron, il faut urgemment préserver toutes les infrastructures ferroviaires et prioritairement celles de Cahors et Capdenac-Gare,

  • Le maintien du statut social des Cheminot-e-s qui garantit la sécurité, la continuité de service, l’adaptabilité et la qualité du transport ferroviaire et son élargissement à l'ensemble des salariés du rail pour mettre fin au dumping social,

  • La mise en place d'un Fond européen d'investissement social et écologique, abondé par la BCE prêtant à 0%, qui permettrait de mettre en œuvre un grand plan d'investissement dans le ferroviaire (infrastructures fret, voyageur) et d'alléger la charge de la dette.

 

ENSEMBLE, CONTINUONS A AGIR POUR UNE AUTRE RÉFORME !

 

Je vous remercie de votre attention.

 

Christian RIBEYROTTE

PCF LOT

Gilles MARINET

PCF AVEYRON

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