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SAM Decazeville : Le scandale de la fermeture // 2021.12.02

SAM Decazeville : Le scandale de la fermeture.

Ou quand la « reconquête industrielle » n’est qu’un slogan.

C’est avec fermeté et colère que les communistes du Lot étaient à Decazeville ce mercredi 1er décembre avec les salariés de la SAM et les délégations venues de toute l’Occitanie, pour protester contre : le refus du groupe Renault de consolider le carnet de commande de l’entreprise de manière à crédibiliser le plan du repreneur; la décision immédiate de cessation d’activité du tribunal de commerce qui s’en est suivie; enfin la facilité scandaleuse avec laquelle le ministre de l’économie et de l’industrie a avalisé la fermeture, renvoyant les partenaires sociaux à négocier licenciements et reconversions.

Car enfin, l’État détient 25% du capital de Renault et on ne nous fera pas croire que si le gouvernement le voulait vraiment, le groupe n’aurait pas apporté les garanties nécessaires à la reprise d’activité de la SAM. Ce qui reste notre objectif, comme pour tous ceux qui étaient à Decazeville ce mercredi..... Nous ne céderons plus rien en matière d’emplois industriels dans ce pays.... Nous refusons d’être les dupes de ce gouvernement manipulateur.

L’actualité lotoise donne des éléments pour y voir plus clair. En même temps que se précise le drame pour les salariés de la SAM, à une demi-heure de route, la Start-up Whylot de Cambes (près de Figeac) annonce l’entrée en son capital du même groupe Renault, à hauteur de 21 % soit un apport substantiel de capitaux sur lequel l’entreprise reste « discrète » mais qui permet d’envisager des créations d’emplois qualifiés.....Voulant rester innovante, Whylot n’envisage pas de produire en grand les moteurs issus de sa technologie avancée de moteurs électriques. C’est Renault qui se chargerait du développement industriel, dans la perspective des véhicules « électriques ».....Nous ne pouvons oublier l’ampleur des aides publiques à Whylot : 5,1 Millions d’aides de l’État qui s’ajoutent aux multiples subventions de la Région et de la Communauté du Grand Figeac sur la dernière décennie.

La question n’est pas de contester l’aide à une entreprise innovante et la légitimité du succès de son jeune ingénieur de patron, mais à constater deux choses : comme dans les industries de santé (par ex les vaccins), les recherches sont toujours assurées, soit par la recherche publique, soit dans le privé par des petites entreprises à grands renforts de financements publics.... Et ce sont les grands groupes qui, parce qu’ils auraient seuls les capacités industrielles du « développement », qui ramassent la mise financière à l’occasion de leur entrée au capital des petites entreprises innovantes..... Whylot a en préparation un accord du même type avec un groupe de l’Aéronautique

Et là où le bat blesse, c’est que les grands groupes sont des multinationales qui, quand elles s’emparent de technologies nouvelles, n‘offrent aucune garantie de les développer dans le pays dont elles sont issues. Et c’est là que doit être fait le rapport entre fermeture d’une unité industrielle à Decazeville et investissements importants chez Whylot.

Moteurs à explosion ou moteurs électriques dans l’automobile, moyennant quelques adaptations très surmontables, nécessiteront toujours des pièces de fonderie. Alors pourquoi cette succession de fermetures dans le secteur si l’on a vraiment le souci de « ré industrialisation » du pays ?.....Parce que le modèle libéral et capitaliste d’industrialisation du gouvernement ne retire rien aux localisations d’activités dépendant de la recherche des moindres coûts salariaux et des moindres protections sociales, mais se concentre de plus en plus sur le seul contrôle des technologies comme facteur déterminant de la domination des marchés à l’échelle mondiale..... D’ailleurs eux-mêmes le disent : technologies avancées et numérisation seraient notre seul avenir..... Certes mais encore ?

Et le mieux qu’on puisse espérer d’eux restera, en admettant un certain recentrage des « chaînes d’approvisionnements » mondiales, un report sur certains pays plus proches que l’Asie ou l’Inde, par exemple sur l’Europe et ses proximités : les fonderies ne seraient plus produites en France mais plutôt sur le Maghreb, la Roumanie ou autres pays « à bas coûts de main d’œuvre »....De la même manière rien n’assure que les moteurs eux-mêmes seraient montés en France. 

Nous communistes nous battons contre ce modèle de développement. Ce n’est pas la croissance économique pour la seule croissance des profits financiers que nous voulons.... Nous nous battons pour l’emploi en France et pour la coopération entre les peuples : celle qui ne permettrait plus de les mettre en concurrence mais assurerait partout des revenus et des conditions de travail décents, avec les formations indispensables.

Oui nous sommes résolument avec ceux de la SAM qui se battent pour leur emploi. Autant que nous sommes avec ceux de Whylot qui ne peuvent que s’interroger sur ce qu’il advient de leurs innovations dans le système actuel.

La fédération du PCF 46

 

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