Fédération du Lot

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Projet de programme « cadre » pour les participants à « Concertation pour une nouvelle citoyenneté rurale ».

Projet de programme « cadre » pour les participants à « Concertation pour une nouvelle citoyenneté rurale ».

 Nos réunions à Cazals et les débats en cours nous amènent à faire le point sur de nombreuses convergences entre des citoyens qui refusent  les gestions publiques actuelles locales et pensent pouvoir les améliorer ou les changer fondamentalement, notamment, en proposant des projets concrets, correspondant à des besoins locaux. Cette démarche, éminemment positive, traduit le droit des femmes et des hommes à intervenir dans les politiques municipales, étant donné que ce sont eux qui en paient les investissements et les fonctionnements. Nos élus ne sont que des moyens. Nous en appelons à leur modestie.  

 Nous nous inscrivons donc dans  cette quête d’une nouvelle citoyenneté conduisant à  dépasser  progressivement la délégation de pouvoir  telle que conçue très anciennement. Très lapidairement, nos futurs élus locaux et autres devraient être  les représentants des aspirations des gens, de leurs associations bénévoles, de cette volonté d’user des moyens financiers que le peuple leur  donne par l’impôt et les taxes diverses. Donc, nous voulons voir clair dans les gestions, à commencer par celles de nos bourgs. Nous n’avons que faire d’un  blabla tous les 6 ans, ni des paternalismes teintant, hélas, bien des mandats. Donc, nous voulons une information précise, en continu. Des populations consultées selon leurs désirs car les moyens techniques modernes le permettent.  

La démocratie est le pouvoir du peuple. Pas celui de coteries. Encore moins celui de mafias, lesquelles prolifèrent actuellement en organisant  la corruption. C’est au quotidien que les scandales politico-financiers apparaissent en Europe voire au sein notre nation qui semble s’y complaire aussi. Or, ces tristes dérives où l’intérêt privé prime sur l’intérêt de tous alimentent des résurgences idéologiques honnies.  Dès lors, nous nous inscrivons dans toutes les démarches permettant aux citoyens d’inventer une 6me république. Cela commence par la municipalité. Et nous y sommes, à la veille de ces élections.

Les participants à cette charte souscrivent donc à ce processus où le citoyen devient acteur plus que figurant. Ce, d’autant plus qu’une large partie du peuple est éduqué, capable de s’informer, de s’organiser et de rivaliser  en compétences avec bien des élus. Nous revendiquons  la perspective de référendums locaux et d’une présence reconnue des associations lors des conseils municipaux. 

Nous déclinons donc, ici, une série d’objectifs locaux coïncidant avec le développement d’une France pour tous. Pas de celle des fortunes de quelques mandarins de la finance, d’une fraction du monde politique asservi, d’un grand patronat assurant ses intérêts au détriment des besoins humains d’ici ou d’ailleurs.

En ceci, nous nous inscrivons dans cette perspective du local au global et donc d’un autre équilibre entre la ville et la campagne. 

Territoires.

Nous sommes attachés à la vie rurale. Elle n’a pas vocation à être réduite à des ghettos touristiques, des parcs de secondes résidences, ni des réserves « indiennes »où l(o, parque les plus démunis.. Nos jeunes doivent y trouver des emplois qualifiés, des conditions de vivre au pays, pas de devoir immigrer ou de s’expatrier. Voir les gâchis en Espagne, au Portugal ou en Grèce et qui sait bientôt en Italie. La gestion des territoires commence par l’écoute des peuples eux-mêmes. Donc, nous n’avons rien à attendre des décisions et subventions venues d’en haut, dès lors qu’elles sont trop souvent le fait des actions de lobbying européens ou nationaux. Pour preuve ces crédits pompés pour moitié par des « bureaux d’études » et n’ayant débouché sur rien ou sur des réalisations ne correspondant guère aux besoins des gens. Voir les interventions de divers participants  évoquant les affectations hirsutes de fonds publics importants. Donc si du « quantitatif » peut venir, à la rigueur, d’en haut, le « qualitatif » doit venir d’en bas. En clair, nous demandons que les citoyens soient des porteurs-contrôleurs de projets. Le « progrès » cela se discute! Pour preuve, bien des errements dans les gestions locales. Nous attendons que nos zones d’activités se remplissent, que l’on cesse d’en construire avant que d’avoir pourvu celles existantes. Nous déclinerons, ici, divers objectifs concrets. Ils concernent la politique des déchets, le logement, la gestion de la forêt lotoise, l’agro-alimentaire, l’énergie, la politique des déplacements, celle de l’eau, celle de la fiscalité et du crédit, notamment.

Démographie.

Le Lot est le deuxième département le plus « vieillissant » de l’Hexagone. La catastrophe de nos gestionnaires est économique. Cela fait des lunes que l’on nous promet des emplois et des logements accessibles. Elle risque de devenir démographique. Les enjeux sont clairs. On ne peut nourrir plus de bouches dans des conditions sanitaires revendiquées qu’en revalorisant les activités alimentaires rurales et donc les espaces cultivables. Sous peine d’importer encore davantage.  La question fondamentale est de repenser l’activité agricole locale en donnant une perspective à la génération montante. Nous refusons «  de mettre la ville à  la campagne »  comme disait Alphonse Allais. Nous voulons protéger et valoriser les espaces cultivables. Nourrir correctement plus de 65 millions de français et ce faisant défendre les capacités rurales devient un nouvel enjeu.

Agriculture.

En conséquence,  il y a lieu de lutter contre les opérations spéculatives du secteur de l’immobilier et des lotisseurs. Ceci concerne les PLU, la démocratisation des procédures, la lutte contre les appétits politiques locaux. Il y a lieu de réorienter le secteur agro-alimentaire vers les consommations locales, vivrières, de s’inscrire dans les circuits courts. Les municipalités rurales devront s’inscrire dans une reconstruction du mouvement coopératif liant producteurs et consommateurs pour aider aux fonctions de distribution en s’opposant à la grande distribution. Les municipalités auront à développer un programme de la gestion forestière pour sortir des espaces laissés en déshérence et reconstruire une filière bois concernant prioritairement le secteur de la construction. La crétion d’un secteur public du crédit devra favoriser l’installation de jeunes agriculteurs- sylviculteurs.

Eaux.

Nous constatons la déroute financière de la SAUR avec 1,7 milliards d’euros de déficit en juin dernier. Ceci nous conforte dans la nécessité à repasser au secteur public l’ensemble de la gestion de l’eau, de la source à l’épuration comme à sortir des contrats PPP. Nous devons noter la hausse permanente des prix de l’eau, la baisse de ses qualités sanitaires. La situation de la Bretagne en est un des révélateurs. Il est loin d’être unique. Et nous n’avons que faire de livrer un secteur essentiel à quelques banques largement présentes dans les paradis fiscaux mondiaux. Nous multiplierons les études et analyses de la qualité des eaux de rivières et de lacs en associant à ces démarches les associations de pêche, d’élevages piscicoles et les laboratoires universitaires. 

Logement.

Nous notons la progression de « mal logement ». Chaque hiver revient avec ces cris d’émois opportuns charriant les sans logis  Avant que de construire du neuf, il faut faire l’inventaire local des bâtiments indignes et à l’abandon. Nous demanderons cet inventaire au plan municipal. Comme la mise en place d’une politique de rénovation associant les PME locales. Nous chiffrons à 320 euros de loyer mensuel la location d’un appartement de 60 m², tout confort compris, dans des bâtiments complètement restaurés. Nous proposerons la création d’une agence immobilière sociale pour gérer les biens immobiliers à l’abandon, dont les propriétaires sont déficients. Les municipalités, ou tout pouvoir public compétent, en cas de refus, pourra réquisitionner. L’agence percevra et garantira des loyers modestes  décents. Notre plan rénovation-logements au plan lotois conduit à la création de plus d’un millier d‘emplois en CDI, donc stabilisés pendant au moins 10 ans sans coût pour les pouvoirs publics. Nous sommes prêts à toute discussion publique. Nous refusons la prolifération des lotissements dans les zones rurales tant qu’un débat général n’aura pas été organisé sur la question du logement au plan du département. Et nous serons particulièrement vigilants sur les transformations « rapides » de terrains agricoles en terrains à bâtir.  

 

Emplois.

Nos municipalités sont pauvres d’activités industrielles et de recherche. On casse le causse à Thédirac, à Dégagnac et bien ailleurs. Mais la transformation des matériaux nous échappe. Et donc la valeur ajoutée par des emplois qualifiés, hors les activités de la taille de la pierre. Nous exigerons un débat intercommunal sur la valorisation locale des matériaux comme de la filière bois. En y conditionnant les aides publiques largement octroyées. De même, nous n’avons que faire des haricots chinois, des asperges péruviennes et de divers produits alimentaires présents dans nos grands magasins. Au moment où l’on débat des changements climatiques, il s’indique de réduire  l’orgie énergétique  due aux transports de frets routiers, aériens, maritimes et des pollutions induites. Nous n’avons que faire de consommer des produits simples que nous pouvons produire nous-mêmes. Donc produire local pour éviter les gâchis capitalistes du global ! Et favoriser le rail. Idem pour l’activité des emplois utilisant le numérique et les télécommunications modernes.. On peut travailler sur ordinateur près de chez soi sans parcourir 40 bornes et plus pour aller dans une administration à Cahors. Où passe notre temps de loisirs et nos conditions de vie dès lors qu’il faut se déplacer inutilement ? Notre société marche-t-elle sur la tête et nos élus ont-ils une génération de retard ? Nous faciliterons les relocalisations de l’emploi dans le secteur tertiaire.

Services publics.

Nous refusons de voir se désertifier nos villages, de voir casser nos hôpitaux, nos écoles, nos bureaux de poste devenant des agences bancaires.  Nous voulons une maternité à Gourdon, des services proches de qualité en matière de santé. Nous n’avons que faire de la privatisation de la médecine, de l’organisation du désert médical, des tarifs imposés par les « spécialistes » et par une industrie pharmaceutique dont des produits sont, au demeurant, trop  souvent douteux. Nous soutiendrons la consolidation des capacités publiques en matière de protection de la santé et des consommateurs, le développement des maisons de retraites

Nous voulons des trains et des transports publics décents. Pas des TGV mais des Intercité, des TER et un maillage de minibus desservant les espaces publics et le commerce local.  Nous n’avons que faire à gagner 20 minutes pour aller à Paris dès lors qu’il est impossible d’aller  de Cahors à Capdenac en train alors que les rails, les ponts et les tunnels existent et ont été payés, en l’époque, par les citoyens. Et nous ramenons ce discours à nos bourgs et à l’insuffisance de la qualité des services des « Bus du Lot ». Nous demandons  des gratuités et  des conditions favorables de déplacements des jeunes et des personnes âgées. Nous continuerons à militer pour défendre nos gares, forts des succès déjà engrangés.

Nous refusons de voir l’enseignement bradé. En ces périodes de retour aux fétichismes, aux guerres de religions qui n’ont que bloqué pendant des centaines générations le progrès humain. Nous nous battrons pour maintenir un enseignement public de qualité, de proximité, laïc, excluant tous signes religieux.  « L’enseignement coûte trop cher ? Essayer l’ignorance ! »  Abraham  Lincoln, Président des USA.

Tourisme.

Nous défendrons l’Ecotourisme, comme moyen de défense de la ruralité, du commerce local, de nos marchés, des productions biologiques dument labellisées. Nous refuserons les grandes concentrations touristiques, favoriserons le développement des gîtes ruraux, le tourisme à la ferme et veillerons à orienter l’action des syndicats d’initiatives à ces fins par le développement des banques de données largement accessibles.  

 

Energie.

 Depuis des années nous militons contre de gaz le schiste. Et nous proposons en alternative la valorisation des déchets de surface. Pourquoi casser le sous-sol inconnu avant que de valoriser les déchets organiques. On peut méthaniser  plus d’un million de tonnes de déchets agricoles et domestiques chaque année. Développer la production combinée de chaleur et d’électricité ou alimenter le réseau GDF. Le Conseil général s’illustre en la matière par un grand retard. Comme le SYDED, avec de mauvais réseaux chaleur bois très polluants et très coûteux pour l’ensemble de la population. Nous avancerons des projets alternatifs, par production combinée de chauffages collectifs au bois  dans les principales villes du Lot en s’inspirant des réalisations de Limoges, de Lille et de bien d’autres en Europe du Nord. Sera promue la cogénération des déchets organiques, en particulier dans les zones rurales, en respectant les conditions de vie locales Nous n’acceptons pas la destruction des cadres de vie de riverains dès lors qu’il n’y ait pas un débat citoyen sur les enjeux, la nature des investissements, l’origine des équipements leurs apports réels à la vie locale. Le SYDED devra revoir sa copie concernant sa tarification et les conditions de filtrations de ses chaudières. Il s’agira de coupler aux réseaux de cogénération des activités de la transformation alimentaire consommant de la chaleur pendant les mois chauds voire pour le séchage du bois

La mise en décharge à MONTECH sera abandonnée au profit  d’une unité de production de méthane dans une zone industrielle raccordée au Fer. Le transport des déchets organiques se fera en concertation avec la SNCF, et les syndicats pour développer l’usage des voies ferrées existantes et à réhabiliter.

Fiscalité.

La tendance est à assécher les recettes publiques. Par exemple en repassant au Grand Cahors les produits de la taxe remplaçant la taxe professionnelle. Nous refusons ce transfert vers une structure non démocratique. Nous constatons que l’assiette de la taxe foncière comme celle d’habitation n’a pas été adaptée depuis 40 ans. Compte tenu tant de la flambée des loyers que de la dégradation de certains biens et quartiers, il faut remettre les pendules à l’heure en procédant à une nouvelle estimation.

Les entreprises doivent contribuer  aux budgets locaux sur base d’une taxe proportionnelle aux fonds propres rapportée à la valeur ajoutée brute créée ? Ceci doit encourager les entreprises créant de la richesse réelle et des emplois qualifiés et pénaliser les spéculateurs et les produits financiers.

Nous taxerons la publicité, en particulier les « gratuits » et les panneaux défigurant nos villes et nos bourgs.

Nous réfléchirons à taxer les équipements informatiques qui obligent le consommateur à prester gratuitement des tâches en lieu et place de travailleurs licenciés discrètement. Nous réduirons la pression fiscale sur les petits et moyens propriétaires occupant leur seul logement.

Crédit.

Un redéploiement rural  par le soutien à la rénovation de l’habitat, la transformation agro-alimentaire, les transports publics, les infrastructures sociales et éducatives nécessitera des moyens d’investissement. Nous attendons beaucoup d’un secteur public du crédit mobilisant l’épargne locale pour l’humain d’abord !

 

Pierre Beauvois. Catus. Février 2014.  

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