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Les classes menacées en sursis avant l'arbitrage de la préfète - 2017.02.23

Le couperet n’est pas tombé. La carte scolaire du Lot n’a livré qu’un verdict partiel, hier soir, après des débats très denses. Aucune fermeture n’a en effet été décidée lors du Comité départemental de l’éducation nationale (CDEN) qui s’est tenu à Cahors, au collège Gambetta, pour redessiner le paysage scolaire du département.

Le dessin ne plaisait pas aux parents d’élèves fortement mobilisés. L’école d’Aynac qui était menacée de fermeture est maintenue. C’est la bonne nouvelle de ce CDEN. La situation de Gréalou n’est pas encore tranchée. Idem pour Livernon dont une correction d’effectif (4 nouveaux élèves attendus) entretient l’espoir. La classe pourrait être conservée pour au moins un an.

Outre le maintien de l’école d’Aynac donc, le CDEN a confirmé celui des classes de Limogne, Prudhomat, Saint-Laurent-les-Tours et Cours. Bonne nouvelle. Toutes les autres situations très délicates sont suspendues.

La décision finale sera communiquée par Catherine Ferrier, préfète du Lot, au plus tard le 1er mars. Hier, elle a assuré qu’elle comprenait les arguments de Marie Piqué vice-présidente du conseil régionale en charge des solidarités, qui l’a interpellée devant le collège lors de son arrivée au CDEN. L’élue a réitéré les propos de sa lettre ouverte (ci-dessous) transmise à Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’éducation nationale.

Les parents n’ont pas l’intention de relâcher la pression en attendant que Catherine Ferrier procède à son arbitrage et prononce son dernier mot. Fruit d’une décision qui sera impopulaire ou qui apaisera les esprits et ramènera un peu de sérénité dans la vie scolaire lotoise ballottée, mais aussi soutenue par des manifs, des occupations d’écoles, des actions de sensibilisation. Ce fut encore le cas hier à Livernon et bien sûr à Cahors où le collectif de défense des petites écoles a remis à la préfecture du Lot le courrier adressé à la ministre de l’éducation avec une pétition comptant plus de 1 700 signatures.

Un point commun, mais…

« Adieu les petites écoles de villages et les enfants prenant le chemin des écoliers. Adieu les petites communes où les citoyens peuvent interpeller le maire en allant chercher le pain » a lancé l’omniprésent Pierre Dufour hier devant le collège Gambetta.

Il n’est, de surcroît, pas le seul à clamer avec force et ironie : « Vive les cités scolaires où les élèves vont apprendre à devenir de bons petits soldats de la compétition mondiale, et après les écoles usines, pourquoi pas les écoles casernes comme à Luzech où le Conseil d’administration a voté la création d’une classe défense ! ». Défenseurs des écoles, les parents prônent l’équité des écoliers. Une valeur maintes fois mise en exergue par Guillaume Lecuivre. L’inspecteur d’académie du Lot ne varie pas son discours et dit toujours vouloir « agir en faveur d’une école bienveillante où chaque enfant doit avoir sa chance et son droit à une éducation de qualité ».

Cela lui fait un point commun avec les parents. Mais les actes ne suivent pas les discours. Le « déséquilibre démographique » est mis en évidence pour justifier les possibles fermetures. « Après le pain, l’éducation est le premier besoin d’un peuple », a écrit Danton. Fermez une boulangerie, vous n’aurez plus de pain. Fermez une école…

La suite est facile à deviner. C’est contre cette fatalité que les parents d’élèves de toutes les petites écoles du Lot, même celles qui ont été sauvées, se serrent les coudes et font leur révolution.

Lettre ouverte de Marie Piquié à la ministre de l'Education nationale

L’élue régionale Marie Piqué (lire aussi ci-dessus) qui siégeait au CDEN hier à Cahors a adressé une lettre à la ministre de l’éducation. Elle en dévoile ici le contenu. « Des fermetures de classes, écoles ou regroupements pédagogiques intercommunaux dans le Lot relèvent d’un très mauvais signal au monde rural. L’égalité républicaine impose que tous les élèves, ruraux ou urbains, aient accès à la même qualité d’enseignement. Les écoles dans notre département sont bien souvent le dernier îlot de service public dans les villages, le désengagement amorcé par l’État et sa logique comptable est purement catastrophique. Il est fondamental de penser et de préserver un maillage scolaire apprécié à partir des caractéristiques locales. Aussi, je vous demanderai, Madame la ministre, dans une logique de concertation, de bien vouloir associer à l’enjeu de redéfinition de l’architecture scolaire les élus locaux, la communauté enseignante et les parents d’élèves. L’école est une promesse pour l’avenir de nos élèves, de nos territoires et l’un des moteurs de la vie locale. J’ose espérer, Madame la ministre, que vous saurez entendre notre voix ».

JEAN LUC GARCIA

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