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La bombe à retardement des essais nucléaires - 2017.04.19

À la demande de l'Aven46, Association des vétérans des essais nucléaires, l'Atelier propose demain, à 21 heures, un ciné débat sur les essais nucléaires menés par la France et leurs conséquences, autour du film «Bons baisers de Moruroa», de Larbi Benchiha. Entretien avec Paul Roualdès, président de l'Aven 46, qui sera présent au débat.

Pouvez-vous dresser un historique des essais nucléaires français ?

En 1958 le général De Gaulle décide de doter la France de l'arme nucléaire. 17 essais nucléaires se dérouleront de 1960 à 1966 en Algérie ; 193 essais, dont 46 en atmosphérique, seront effectués de 1966 à 1996 en Polynésie à Mururoa et Fangataufa. 150 000 personnes ont été impliquées lors de ces essais, sans compter les populations locales impactées.

Comment avez-vous été concerné ?

En 1974 et durant six mois, j'ai participé en tant que technicien «mesures» au Centre d'études de Gramat, à une campagne de tir à Mururoa. Cette mission demandée au CEG par le Commissariat à l'énergie atomique avait pour objectif d'effectuer des mesures en vue de développer des moyens de simulation sur les effets mécaniques (souffle et thermique) de l'arme nucléaire.

Que faisiez-vous lors de votre mission ?

Avant l'explosion, nous installions les chaînes de mesure sur le site. Au moment du tir atmosphérique, nous étions éloignés sur Hao, île située à 400 km, ou sur des navires à 20 ou 30 km seulement du point zéro. Le tir effectué, nous allions rapidement récupérer les bandes d'enregistrement.

Pour toutes ces actions, aviez-vous des protections ?

Aucunes, que ce soit lors du tir ou lors de nos déplacements sur le site. Nous n'avions pas reçu de consignes particulières et n'étions pas dotés de dosimètre de contrôle. Nous n'avons pas eu de visite médicale au retour.

Quels sont les objectifs de l'Aven ?

Créée en 2001, elle compte actuellement 5 000 adhérents. Nous savons aujourd'hui que l'exposition aux rayonnements malmène et détruit le vivant, provoque cancers, problèmes de stérilité, et malformations et agressions génétiques sur les descendants. L'association souhaite une reconnaissance par l'état de sa responsabilité, l'indemnisation des victimes, une commission de suivi de tous les vétérans et de leurs descendants.


Les vétérans des essais se réunissent

En préalable au ciné-débat de jeudi 20 avril au cinéma l'Atelier, l'Aven réunit ses adhérents du Lot et des départements limitrophes ce même jour, à 16 heures, dans la salle de l'ancienne bibliothèque à Gramat. Paul Roualdès, président de l'Aven 46, indique que ce sera l'occasion de faire le point de la situation sanitaire et juridique des victimes des expositions nucléaires lors de leur participation aux expérimentations. Des responsables de l'Aven et de nombreux témoins feront part de leur vécu, des situations qu'ils rencontrent au quotidien et de leur combat pour une reconnaissance juste et légitime.

Propos recueillis par notre correspondant Joël Cazal

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