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Hommage du PCF à Guy jacquot

Mesdames, Messieurs, chers camarades.

Guy était profondément communiste et toute sa vie, il aura été fidèle à son parti. Voila pourquoi la Fédération du Lot du PCF a tenu à lui rendre cet hommage tant mérité.

Guy et Marie-Jeanne, avec leur première fille Armelle, nous venaient de Dieppe quand ils arrivent à Figeac en 1966. A Dieppe, déjà communiste, Guy est ouvrier chaudronnier. Il deviendra vite professeur d’atelier dans les lycées, après avoir suivi l’École Normale. Cette activité professionnelle, il la poursuivra sur Figeac. Une de ses fiertés était de mettre au contact du travail manuel, des lycéens de toutes origines sociales. Des lycéens, dont pour certains, ce sera la seule expérience du genre. Et même en retraite, Guy nous rappellera en permanence l’importance de garder le contact avec les jeunes et le mouvement lycéen. Combien de fois nous a t-il amicalement poussé à nous rendre aux portes du lycée Champollion et de l’IUT !

Guy arrive à Figeac après avoir fait valoir ses droits à mutation. C'est à Figeac que naît Christelle, leur deuxième fille. Guy prend très vite contact avec les communistes du cru. Sa première rencontre se fait avec René Mijoules, ouvrier chez Ratier, qui veut relancer la vie du PCF sur le Figeacois. Ce qu’ils feront tous les deux, en commençant par tenir ce que nous appelons dans notre jargon militant, les « points fixes » de l’Huma. Ils le feront sur le marché, le samedi matin avec l’Huma-Dimanche en bandoulière, à un endroit que vous connaissez bien puisque nous le tenons encore aujourd’hui. Guy en aura été un animateur infatigable jusqu’à ce que son état de santé ne lui lui permette plus d'assurer cette tache qui le passionnait. Depuis deux ans d’ailleurs, combien de Figeacois, comme d’anciens de ses élèves qui lui gardaient une profonde affection, nous demandaient de ses nouvelles en s’étonnant de ne plus le voir « à son poste » ! Soixante-huitard, comme ceux de sa génération, Guy savait la place incontournable que doit prendre la jeunesse dans les grands mouvements de transformation de la société.

Mais, même si le marché du samedi matin, avec l’Huma, résume bien Guy, ses activités politiques ne se réduisaient pas à cela. Plusieurs fois Guy a été notre candidat aux élections : deux fois pour des cantonales, une fois aux législatives, et pour une municipale dans son village Faycelles. Faycelles où, après avoir habité en ville, Guy et Marie-Jeanne avaient acquis une chouette petite maison quercynoise, avec vue sur le Lot. Un petit nid où ses camarades aimaient avec eux, lever le verre et les fourchettes de l'amitié.

Les activités de Guy ne se limitaient pas à faire vivre son Parti. Comme beaucoup d’entre nous, il était très actif dans son syndicat, la CGT, comme dans le mouvement associatif. Il s'est notamment beaucoup battu en faveur des « sans papiers » aux côtés de bien d’autres, communistes ou non, parmi lesquels Jérôme Delmas, notre secrétaire de section. Ancien d’Algérie, Guy était aussi membre de la FNACA. Guy fut aussi avec Jean-Pierre Renaud la cheville ouvrière de la création du Comité du Lot des Amis de L'Humanité qui a, à son actif, quelques très belles réussites, je pense notamment à la remarquable manifestation à Figeac en 2014 pour les 100 ans de l'assassinat de Jaurès.

Michel Dauba me racontait ces derniers jours ses premiers pas à Figeac. Ils témoignent bien de la personnalité qui était celle de Guy. Arrivé en retraite à Cambes voici douze ans, comme tout communiste arrivant en province, il a immédiatement cherché à prendre contact avec ses camarades. Et comme souvent, on les cherche sur le marché, là où se tiennent les postes de diffusion de L’Huma-Dimanche. Et qui a t-il rencontrés ?  Guy bien sûr, avec son comparse de toujours, Pépito Rodriguez ! Et ce, avant même de rencontrer nos élus locaux, en particulier Christiane Sercomanens. Depuis, ils ne se sont plus lâchés ! Et ils ont même ajouté à l’Huma leur journal hebdomadaire « l’Echo des Cocos »

J'ai pour ma part côtoyé Guy lorsque, jeune militant, je « débarquais » au Comité Fédéral du PCF 46, pas mal impressionné je dois le reconnaître. Je garde de Guy un souvenir attendri, tant pas ses grandes qualités humaines que par sa rigueur intellectuelle et son engagement sans faille aux cotés de ceux qui souffrent. Il a été pour moi un exemple que je me suis efforcé de suivre depuis...

Guy avait du caractère, beaucoup de caractère ! Moi, j’aimais bien ! Guy ne parlait pas énormément, mais il écoutait et ne laissait rien passer. Quand l’un d’entre nous, ou quiconque d’autres, avançait une idée saugrenue ou outrancière, Guy commençait par faire la moue. On savait alors qu'il allait se passer quelque chose. Et en général, l’interlocuteur n’était pas déçu du voyage !

Alors pour moi, Guy, c’était la France populaire qu’on aime. Celle que Ferrat chantait, en hommage aux communistes et à la Commune de Paris, je cite : «pour la lutte obstinée de ce temps quotidien. Du journal que l’on vend au matin d'un Dimanche à l’affiche que l’on colle au mûr du lendemain......Ma France.....Celle dont Mr Thiers disait : qu’on la fusille ! ».

Guy, tu nous manquais depuis deux ans, alors que la vie était encore là. Que dire maintenant que tu nous as quittés ?  On a coutume de dire que l’on est jamais complètement parti dés lors que quelqu’un pense à nous. Alors Guy, tous les samedis matin, à chaque Huma vendu, on pensera à toi.

Notre peine est immense et nos pensées vont à Marie-Jeanne, si courageuse depuis deux ans, à leurs filles, Armelle et Christelle , toutes trois associées dans notre affection.

Salut vieux frère, Salut mon camarade.

 

 

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