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Maec : le courant ne passe plus à l'usine // 2018.11.07

Hier matin, les salariés de la Maec à Cahors ont protesté contre le projet de la direction qui implique notamment une augmentation du temps de travail partiellement compensée au niveau du salaire. La mobilisation se poursuit aujourd'hui.

Ils ont été reçus par leur direction, mais le bras de fer devrait encore durer. Hier matin, dès 8 heures, plus d'une centaine de salariés de la Maec, Manufacture d'appareillage électrique de Cahors, se sont postés devant leurs locaux de la zone industrielle de Regourd. Dans une société qui emploie plus de 400 personnes, ce mouvement fait suite à l'annonce par la direction du plan prévoyant une augmentation du temps de travail à 38,5 heures hebdomadaires, au lieu de 35.

Travailler plus pour gagner moins

Les syndicats CGT et FO, à l'origine du mouvement de grève, sont fermement opposés à cette réorganisation d'activité et l'argumentaire engagé en sa faveur (lire ci-dessous) : un courrier de la direction a été transmis le 10 octobre aux salariés dans lequel la direction assure «une compensation partielle de l'augmentation du temps de travail par une augmentation des salaires de 2,8 %.»

Ce chiffre met les syndicats en colère car ils anticipent plutôt un nouveau salaire horaire en dessous du Smic fixé aujourd'hui à 9,88 €. Après l'insistance hier matin pour pénétrer dans les locaux de la Maec, les grévistes ont pu rencontrer leurs dirigeants. «Nous sommes prêts à travailler 37 heures entièrement payées. Pas plus, pas moins», explique fermement la déléguée FO Almira Figueiredo sur la concession énoncée par l'intersyndicale.Après cette réunion qui n'a débouché sur aucun accord (voir encadré), les grévistes ont voté à l'unanimité la reconduction de la grève pour aujourd'hui. Le rond-point de Regourd a ensuite été bloqué dans l'après-midi et, ce matin, une marche est prévue en direction de la mairie de Cahors. La crainte des salariés porte également sur la délocalisation d'activité : cinq chaînes de montage ont déjà été retirées du site de Regourd depuis début 2018.


Réunion houleuse hier

Après deux heures devant les locaux de la Maec et un refus initial par la direction de les recevoir, la délégation syndicale a pu finalement obtenir une rencontre qualifiée de «houleuse» par les syndicats. Aucun accord n'a été obtenu malgré les concessions des deux parties, la direction étant prête à abaisser d'une demi-heure le temps de travail hebdomadaire, à 38 heures.


G. Flynn : «Le projet va pérenniser le site»

Directeur général délégué de Maec, Grégory Flynn a décidé de jouer cartes sur table. Le dirigeant d'origine britannique mais bien installé dans son Cahors, marié à une Lotoise et dont les deux enfants sont scolarisés dans la ville, exprime d'emblée son attachement au site cadurcien, là où la manufacture a démarré son activité il y a 108 ans.

Ce rappel historique fait, Grégory Flynn situe l'entreprise dans le contexte économique actuel : «Nous subissons directement l'impact de la hausse des matières premières, aluminium et cuivre, les coûts de transport augmentent et la concurrence est vive sur nos segments de marché ; mais il y a, aussi, des perspectives de développement et les moyens de construire la Maec de demain». Solide, Maec dégage depuis trois à quatre ans un chiffre d'affaires en croissance : «Notre CA cette année, atteint 100 M€, il était de 78 M€ en 2014», précise le directeur général délégué. En revanche, entre 2017 et 2018, l'excédent brut d'exploitation a été divisé par deux. Grégory Flynn décrit «un effet ciseaux entre la baisse des prix de vente et la hausse des matières premières» qui pénaliserait Maec, avec comme conséquence des ressources financières «en forte régression».

D'où le projet d'entreprise «Perform» qui fait aujourd'hui débat parmi les salariés de Maec. «Notre volonté, assure le chef d'entreprise, est de faire évoluer la Maec tout en pérennisant le site de Cahors. Cela veut dire, ajoute Grégory Flynn, garder le développement des produits sur place, la recherche et développement, les bureaux d'études, les équipes marketing. Et aussi, lancer des projets, concevoir des produits plus compétitifs, poursuivre l'investissement sur place (2 M€ par an).»

Mais cette stratégie industrielle et logistique comprend un plan de compétitivité du site qui est au cœur du bras de fer social entre la direction de Maec et les syndicats CGT-FO. «Nous présentons ce projet aux salariés depuis le début de l'année, au rythme d'une réunion par semaine avec les partenaires sociaux qui s'opposent fortement à nos propositions.» Grégory Flynn précise : «On s'engage à pérenniser le site de Cahors et l'emploi, en contrepartie on demande quelques heures de travail hebdomadaires en plus dont une partie serait rétribuée. Tout le monde est concerné dans l'entreprise, à commencer par les cadres.»

Le directeur général délégué évoque une proposition gagnant-gagnant devenue aujourd'hui «incontournable».

Jean-Michel Fabre

 

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