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800 personnes déterminées à ne rien lâcher, hier sur le boulevard Gambetta // 2020.01.17

Ils étaient 800 selon l’intersyndicale. La police a comptabilisé 550 grévistes et manifestants, retraités et plus jeunes hier à Cahors. Tous ont marché sur le boulevard Gambetta dans le même élan et objectif : le retrait de la réforme sur les retraites.

Même moins nombreux que lors des toutes premières manifs, en 2019 à Cahors, contre la réforme des retraites, ils restent autant déterminés. "Nous sommes 800 au moins, peut-être même 1 000" lançaient des leaders syndicaux dans la rue hier, à Cahors. Près de 100 personnes ont défilé à Biars-sur-Cère.

Toujours dans la rue, en espérant ne pas tomber par terre, ni le nez dans le ruisseau. Ce ne sera pas la faute à Voltaire ou à Rousseau si cela n’aboutit à rien. Mais à qui alors ?

Au gouvernement qui promet monts et merveilles ? Le gouvernement comme il respire chante et ironise le groupe Trust.

Le son d’un autre titre, Antisocial, résonne aussi haut et fort dans les manifs et inspire cette question clé : cette réforme sur les retraites est-elle une mesure antisociale et inhumaine ?

Les grévistes et les salariés les plus impactés par la notion de pénibilité et par une durée du travail qui ne ferait qu’accroître leur souffrance le pensent clairement. En particulier, les personnels des professions de la santé, très affectés "parce que les moyens humains et matériels ne répondent pas à notre besoin urgent", répétait hier encore la CGT de l’hôpital de Cahors.

"Nous ne lâcherons rien" faisait reprendre, au même instant et en chœur, Michelle Munté au micro de la manifestation.

En effet, ce sera encore dans la rue que s’exprimera la colère, faute d’autres actions d’éclat qui pourraient toucher le gouvernement directement dans son mode de fonctionnement, "pour perturber ses rouages et sa machine infernale", lançait un manifestant.

Un don de sang solidaire

L’intersyndicale (CGT, FO, FSU, Solidaires, CFE-CGC, la Confédération paysanne, le Modef, la FGR, l’UNEF et l’UNL) n’est pas en panne d’idées.

Jérôme Delmas, secrétaire général de la CGT dans le Lot, a annoncé les prochains rendez-vous : "Mercredi à 18 heures, nous assisterons à la projection du film Les jours heureux au cinéma Le Quercy, à Cahors. Le lendemain, jeudi, à 6 h 15, nous distribuerons des tracts au rond-point du quartier Saint-Georges, puis le vendredi 24 janvier de 9 heures à 12 heures, nous lancerons une opération de don de sang solidaire dans le parc près de l’hôpital de Cahors avant un pique-nique sur place. Puis nous tiendrons une assemblée générale à 13 heures. La manif débutera à 14 heures sur la place Mitterrand" a détaillé Jérôme Delmas, en tête du cortège.

Des coupures d’électricité

Cela n’exclut pas d’autres actions comme celles opérées hier matin.

"La CGT Energie a procédé à des coupures de courant dans la plaine de Labéraudie, dans le secteur du Sycala (zone Cahors sud), ainsi qu’au centre de tri postal et au conseil départemental", précise le leader de la CGT. La République en Marche qui semble ne pas vouloir reculer sur tous les points, justement du régime à points, est-elle de son côté fan d’une autre chanson du groupe Trust ? Marche ou crève.

En d’autres termes, est-elle prête à rester ferme sur ses convictions, plutôt que de rendre les armes au prix d’âpres négociations ?

À l’évidence, pour de nombreuses personnes résignées (il y en a), le gouvernement Macron ne cédera pas sur tous les points. "Le Président restera en marche sur ses projets qui sont aussi ses promesses pour lesquelles il a été élu, même si cela doit lui coûter des points et peut-être même la prochaine élection présidentielle", affirment plusieurs voix concordantes, en marge des manifs.

À l’issue de la journée d’hier, manifestants et gouvernement sont à nouveau renvoyés dos à dos. Ce duel au soleil fera forcément des victimes. Elles seront politiques ou citoyennes.

À coups de réunions politiques ou d’assemblées générales, chaque camp fait le point et serre les poings de son côté. Une impasse ?

Jean-Luc Garcia

 

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