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Leyme. Les soignants dénoncent "la fin de l’humanisme dans les soins" // 2020.02.17

Syndicats et soignants lotois très remontés évoquent des services de santé déshumanisés et des risques réels pour le personnel et les patients. Devant une situation sanitaire pathétique, la solution sera-t-elle politique ?

"Les retours en poste sur des périodes de congés, la réduction des RTT et le manque d’effectifs", entre autres sources d’épuisement dénoncées par FO et la CGT, notamment par la voix de Nicolas Crouzat, délégué CGT à l’institut Camille Miret de Leyme, ne font qu’accroître le mal qui touche le monde de la santé.

Dans le Lot, les personnels de l’institut Camille Miret et du centre hospitalier de Cahors ne cessent, à chaque nouvelle mobilisation, comme vendredi à Cahors (lire notre édition de samedi), de tirer la sonnette d’alarme. En vain. Outre des conditions de travail que certains qualifient de "pitoyables pour les soignants et dangereuses pour les patients", Nicolas Crouzat met l’accent sur "les salaires insuffisants. Les soignants désertent l’hôpital public ou les associations sous conventions collectives comme l’institut Camille Miret au profit du privé plus lucratif et du libéral."

" Médecine du Moyen Âge "

Le délégué syndical s’inquiète du "projet de réforme des retraites qui prévoit la fin de la catégorie active et un départ plus tardif, mais aussi la perte des accords d’entreprise sur l’amélioration des fins de carrières pour le secteur privé psychiatrique. La psychiatrie crie la fin de l’humanisme dans les soins" déclare-t-il. La CGT estime que "cette politique mène les établissements au chaos" et encourage les soignants à refuser d’être "laminés par des manœuvres politiques outrancières." C’est sur l’échiquier politique que l’avenir de tous les services de santé va sans doute se jouer. Nicolas Crouzat déplore "l’application d’une médecine du Moyen Âge avec la saignée des effectifs et l’amputation des services, au détriment des besoins de la population dans une perspective purement économique et financière." Cela fait mal à entendre. Mais puisque c’est un sentiment partagé par la large majorité des soignants, écrivons-le. C’est écrire leur vie quotidienne.

Une pensée émue

La CGT de l’institut Camille Miret demande "l’arrêt des fermetures de services, de lits ou de postes. L’augmentation des moyens de la psychiatrie, des formations respectueuses de notre spécificité…". Puis une pensée et de la colère ont parachevé le discours de Nicolas Crouzat : "Après Pau en 2004, notre collègue infirmière de 30 ans de l’hôpital psy de Thouars n’est pas rentrée chez-elle. Doit-il y avoir d’autres cas pour être entendus par nos dirigeants !".

Jean-Luc Garcia

 

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