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HOMMAGE à Louis RIBIER

Notre camarade, Louis Ribier, 103 ans, de Touzac, vient de nous quitter, deux après son épouse disparue à 95 ans. C’est une grande tristesse qui nous étreint en apprenant la disparition de Louis, militant de communiste depuis 1934 à la vie bien remplie, faite d’engagement politique et syndical.

Originaire de Saône et Loire, il a en fait passé sa jeunesse à Paris, fait ses études dans la capitale, et poursuivi son activité professionnelle dans l’enseignement technique, d’abord dans la région parisienne, ensuite dans les Pyrénées Orientales d’où il a rejoint le Bas Quercy à la retraite pour des raisons médicales.

Avec son épouse ils auront passé de longues années dans le Lot, militant dans ce coin du département dont il aimait l’accueil, le calme et la diversité, avec assiduité et fidélité. Trésorier de la cellule de Duravel, présent à tous les rendez-vous, il a contribué à l’implantation et à la reconnaissance du Parti qui réalise dans cette belle région de très bons scores électoraux.

Il y a deux ans nous fêtions avec quelques camarades de Duravel, Mauroux et Touzac son centenaire où il affichait une santé assez resplendissante, lecteur quotidien de l’Humanité (sans lunette) et parfaitement au courant de l’actualité politique dont il appréciait l’appel à un bâtir un front citoyen et progressiste du 21ème siècle. Il avait profité de cette petite fête pour faire don à la fédération du Parti de plusieurs œuvres picturales dont il était l’auteur et qui sont aujourd’hui exposées 29 avenue du Maquis à Cahors. Il avait la passion de la peinture et peignait avec un talent reconnu, exprimant sa générosité, son intelligence et son aversion de la guerre et de la religion qu’il considérait comme un « opium du peuple », vu aussi bien comme endormissement de l’esprit critique que comme protestation contre la détresse humaine.

Orphelin, son père ayant été tué à la guerre de 14-18, vivant seul avec sa mère, devenue veuve, il a dû travailler à dix sept ans. Ils habitaient à Paris où il assistait souvent aux meetings qu’organisait le jeune PCF dont un au Val d’Hiver qui l’a marqué. Boukarine, « enfant chéri du communisme » ( Lénine), déjouant la police, y avait pris la parole. Quelques mois plus tard, il fut exécuté par la police et depuis ce jour, me disait-il, il avait perdu confiance en Staline.

Adhérent du PCF à partir de 1934, il suivit les cours de philosophie de Georges Politzer à l’Université Ouvrière où il obtint un diplôme et assistait aux défilés du Front Populaire, participant à sa victoire.

Pendant la guerre, en 1943, il fut responsable politique du 18ème arrondissement de Paris. Il raconte qu’un soir, alors qu’il rentrait à la maison, la concierge lui fit comprendre que la Gestapo était passé chez lui. Il changea de domicile et avec sa femme, se réfugièrent chez un cousin, petit paysan pas loin d’Autun, en Saône et Loire région dont sa famille était originaire où il reprit son activité de militant et devint même responsable régional. Arrêté par une patrouille allemande, il fut, par une chance extraordinaire, relâché car une indicatrice slovaque, travaillant pour la police allemande, voyant certainement que la libération du pays était toute proche, certifia qu’il n’était pas dans la résistance. Il fit la connaissance de Waldeck Rochet et sitôt la libération, remonta à Paris où il retrouva ses camarades. Nommé un temps professeur dans un Centre d’Apprentissage à Meaux il descendit bientôt dans le Midi, à Vernet les Bains puis à Saint Génés des Fontaines, dans les Pyrénées Orientales où il continua à militer.

Sujet aux acouphènes et donc allergique à la tramontane, il s’installa à la retraite dans le Lot à Touzac où lui a-t-on dit, il n’y avait pas de vent. Bien entendu il y poursuivit son militantisme, approfondissant ses recherches et ses travaux de peinture.

Il se plaisait à dire que la peinture pouvait être révolutionnaire et qu’il l’employait comme moyen pour combattre l’obscurantisme, pour qu’enfin l’humanité fasse un grand bond en avant vers le rationalisme.

Tel était Louis Ribier dont les communistes, et notamment ceux du Lot, saluent la mémoire, son engagement, sa fidélité et sa générosité. Il y a deux mois environ il avait donné à la direction nationale du Parti deux de ses œuvres qui, ayant été acceptées, figurent désormais dans le patrimoine du conseil national du PCF.

Gérard Iragnes, responsable départemental du PCF

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le 16 juin 2014

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