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Déclaration Yannick Le Quentrec Cahors à gauche deliberation sur le recrutement d’un responsable du service de police municipale - Conseil municipal du 18 novembre 2014

Premier constat : à travers cette délibération, la politique de sécurité municipale avance masquée

Car elle nous met devant le fait accompli qui consiste à poser les bases d’une politique de video surveillance dans la ville de Cahors, vidéosurveillance, dont Nicolas Sarkozy avait fait son dada,

Vous avouerez qu’une telle orientation qui n’a rien d’anodin, ni sur le plan des messages politiques qu’elle envoie, ni sur le plan des engagements financiers mérite un large débat et ne saurait se résumer au simple petit tiret qu’on lui accorde dans ce texte.

Que le maintien de la tranquilité publique soit un enjeu pour la population, on peut tout a fait le comprendre.

Mais où est le diagnostic pour fonder l’hypothèse que la tranquillité et la sécurité publiques sont menacées à Cahors ?

La majorité rejoindrait-elle la psychose distillée dans le texte de monsieur Dubuisson et de Madame Vignals dans le dernier Cahors mag où ils repeignent Cahors en ville maudite assaillie, la nuit venue, par la violence et la toxicomanie ?

Ce rapprochement sécuritaire entre la majorité et l’oppositon de droite serait plus qu’inquiétant.

D’autant que si l’on s’interesse à la réalité objective et aux institutions qui interviennent dans ce domaine, je pense notamment au Centre d’Accueil et d’Accompagnement à la Réduction de risques pour Usagers de Drogues (CAARUD) on obtient des informations plus mesurées :

On apprend ainsi depuis une vingtaine d’années, on passe de 50 personnes SDF à une douzaine environs. Donc une diminution significative même si ces personnes se regroupent davantage à un même endroit qu’auparavant.

Sur la question de la toxicomanie : à une ou deux exceptions près qui font l’objet d’un travail, les seringues ne sont pas jetées dans la rue. Dans le cadre du travail social de rue, la distribution de seringues est organisée et des pratiques responsables se sont installées avec un taux important de seringues rapportées. Il faut ajouter que ce taux d’usage de seringues a diminué de moitié depuis 2000.

Quant aux outils privilégiés comme les caméras : sont-elles la panacée ? Rien n’est moins sûr.

Selon un recent rapport de la cour des comptes, « Le taux d’élucidation des faits de délinquance de proximité n’a pas davantage progressé dans ces CSP (circonscriptions de sécurité publique, à l’échelle d’une ou plusieurs villes) équipées de caméras de vidéosurveillance de la voie publique que dans celles qui ne le sont pas. » (p. 148). Pour la période de 1950 à 2000, ce taux d’élucidation est même passé de 40% à 10% !

D’autres failles sont aussi épinglées : des surveillants qui ne peuvent surveiller 24H sur 24h, des méfiances entre police nationale et police municipale, la crainte des policiers municipaux d’être à leur tour fliqués…

Même la grande Bretagne pionnière en la matière démantèle ses installations considérant qu’elles sont trop chères pour résoudre des affaires judiciaires.

Et les comités d’éthique mis en place pour accompagner cette video surveillance pour se donner bonne conscience ne changent rien au problème.

Du coté du coût maintenant, la vidéo surveillance pèse lourdement sur les collectivités puisqu’il faut compter a titre indicatif :

  • 80 000 euros : coût moyen des étapes préliminaires (études de faisabilité, assistance au maître d’ouvrage).

  • 20 000 euros par caméra : coût moyen pour l’installation des équipements.

  • 28 000 euros par agent, soit un total de 140 000 euros / an : coût moyen de fonctionnement pour un système composé d’une vingtaine de caméras, fonctionnant 24 heures sur 24, avec cinq agents au moins nécessaires.

Donc placer la ville sous vidéo surveillance : pour cahors à gauche, c’est non. Nous refusons de mettre le doigt dans un engrenage sécuritaire et financier.

Par contre, nous sommes prêt-s à réfléchir pour poser les conditions durables du droit à la tranquillité

De ce point de vue, il y a d’autres moyens que l’utopie tehnologique d’une video surveillance automatique et intelligente qui réglerait tous les maux de notre société.

Rien ne peut remplacer la présence policière de proximité, malheureusement mise à mal par les politiques de reduction des deficits publics, la baisse des effectifs de la police nationale et le désengagement de l’Etat.

Je préconise d’utiliser les financements de la collectivité pour assurer une présence de proximité des policiers plutôt que de les reclure devant des caméras.

Je préconise surtout de développer des politiques de prévention de la délinquance et de la toxicomanie par exemple en renforçant le travail de l’accueil de jour et par le recrutement d’éducateurs ou d’animateurs socioculturels, de médiateurs, de correspondants de nuit, bref des intervenants de terrain permettant de renforcer un peu le lien social.

 

 

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