Fédération du Lot

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Hommage à Jean-Bernard SAHUC

Chère Danielle

Chers amis et chers camarades,

Mesdames et Messieurs les élus

Mesdames et Messieurs

 

La disparition de Jean-Bernard Sahuc, membre de la direction départementale du Parti communiste, maire de Flaugnac jusqu’à ce que la maladie le contraigne, il y a quelques mois, à abandonner ses responsabilités, nous plonge dans une tristesse infinie. C’est une perte qui touche toute notre fédération. J’ai personnellement une peine immense. Il restait tellement de bons moments à passer ensemble.

Je veux d’abord retenir le courage et la lucidité avec laquelle Jean Bernard a affronté la maladie. Je savais depuis septembre 2013 que ce mal l’avait frappé. En effet, à cette époque là, nous avions en commun, avec nos épouses, le projet de visiter le Vietnam quand, à huit jours du départ, il m’apprit la terrible nouvelle.

Et un peu plus de deux ans après, nous savions que le combat qu’il menait face au cancer arrivait à son terme. Lui aussi, mais la dignité face à la mort, dont il avait fait un combat éthique, et son envie irrépressible de la vie l’ont tenues debout jusqu’au dernier moment.

Avec lui, disparaît un homme bien, un homme de conviction, ouvert sur le monde et la vie sociale.

Syndiqué à la CGT, dès qu’il entre dans la vie active après être passé par l’école EDF- GDF de Nantes en 1975, ensuite en résidence à Paris, jusqu’à Cahors en 1978 où il occupait un poste d’agent technique sur le réseau Gaz, il a sa vie durant dans ce département bienveillant et civilisé où il naquit et dans ce coin du Quercy blanc qu’il chérissait, là où était le berceau de sa famille, au Grillou, consacré son temps au travail, à sa famille, à l’action syndicale et au militantisme politique.

J’entendais hier un romancier franco marocain remarquable dire que les gens biens ne font pas de politique, en référence probablement à tous ceux qui trahissent leurs engagements, qui renoncent ou se renient. Jean Bernard aimait la politique, il était un homme bien.

Dans la discrétion peut-être, mais dans l’efficacité, sans arrogance mais avec conviction. Caractère entier, franc, il nommait les choses. Mais toujours avec une grande gentillesse et à l’écoute.

Proche du terrain, il a su donner de la hauteur aux valeurs qui fondaient son engagement. Il a été, près de 7 ans, président de la CMCAS d’EDF, poste à responsabilité que ses camarades qui connaissaient ses qualités lui confièrent. Cette fonction réclamait de l’écoute, de l’initiative, de l’engagement. Il n’en manquait pas, défendant avec ténacité les valeurs d’entr’aide et de solidarité bien mises à mal par les reculs successifs qu’ont imposés les gouvernements à cette belle maison fondée par Marcel Paul, ministre communiste à son retour de déportation. Avec Jean Bernard de belles avancées furent concrétisées.

Il a quitté EDF-GDF à la retraite et retrouvé un autre mandat tout aussi passionnant et prenant, celui d’élu territorial, dont il avait pendant 6 ans comme conseiller municipal goûté tout l’intérêt.

Désintéressé, honnête, il se mit au service de la collectivité et de ses concitoyens. Homme de caractère, franc, estimé et apprécié, à la tête d’une équipe pluraliste, il fut élu maire en 2007 avec la volonté de servir.

Le village dont il animait avec décision la vie publique, se modernisa rapidement pour offrir aujourd’hui un beau visage avec la rénovation du cœur d’un village riche en patrimoine mais également plein de vitalité avec le maintien de l’école publique dont il défendit bec et ongles l’existence.

Son attachement à la démocratie locale, au respect des engagements et à la défense des valeurs de gauche qu’il portait avec fierté lui valurent d’être réélu avec son équipe renouvelée en 2014.

Toujours en action, il publiait un bulletin municipal où il ne cachait pas ses convictions, sans ostentation, mais bataillant fermement contre les renoncements ministériels et les restrictions budgétaires qui bridaient son envie de faire mieux encore, avec l’idée me disait-il que l'information a pour nature et pour objet de faire participer l'individu à la vie sociale par la connaissance, afin de lui permettre d'y participer de manière plus lucide et plus consciente par l'action.

Et quand il lui devint difficile d’assumer pleinement son mandat du fait de la progression de la maladie, c’est avec cet esprit de responsabilité qu’il passa le témoin à un des ses conseillers, Gilbert Raynal, absent aujourd’hui parce qu’il se trouve à l’étranger.

Il était très attaché à son village, aux citoyens mais il l’était tout autant à son parti, le PCF dont il fut un adhérent fidèle et un dirigeant respecté au sein du conseil départemental où ses paroles, ses réflexions, ses propositions étaient toujours appréciées, pondérées et frappées au coin du bon sens. Il fut de toutes les manifestations pour la défense et la promotion des services publics, j’ai encore en mémoire, la grande manifestation de soutien à l’école rurale il y a un peu plus d’un an à Cahors où il marchait en tête d’un cortège d’un millier de personnes, ceint de l’écharpe tricolore. Il fut de tous les combats humanistes pour la paix et la liberté. En tous lieux, il avait à cœur de se battre pour la justice sociale, pour faire respecter les plus humbles.

Il a gardé jusqu’au bout, l’espoir d’un monde meilleur, Il appelait cela du beau nom de communisme, d’une nouvelle génération, car c’est cet idéal libérateur qu’il tenait et que nous tenons pour la grande idée neuve de notre temps : jamais encore elle n’a vraiment servi et nous persistons avec lui à nous en réclamer, nous voulons comme il le souhaitait réinventer une pensée et une action qui consistent à prendre le parti du bonheur et de la liberté. »

Sa vie fut aussi faite de plein de passions qui vont du sport, à la chasse, à l’escalade, au ski, avec une tendresse particulière pour le rugby jusqu’à diriger le COB, l’illustre club de rugby de Castelnau-Montratier dont il fut l’âme des années durant. Curieux, il aimait aller au cinéma, au théâtre et lire. Pas seulement L’Humanité le ,journal de Jaurès dont son cousin Stéphane est aujourd’hui, c’était aussi une autre fierté, rédacteur en chef de l’édition du week-end, mais également les livres. Sans oublier le bricolage qu’il pratiquait avec science et bonheur. Il n’est qu’à voir la maison familiale qu’il ne cessait d’aménager et d’embellir.

Au total il aura, aux côtés de Danièle, de ses filles Anaïs et Marion, de ses trois petits-enfants et de sa famille, vécu une vie pleine en choisissant “ un côté de la barricade ”, comme disait Elsa Triolet. Celui du peuple dont il était lui même issu, celui de ces hommes et de ces femmes qui n’ont d’autre choix que de se battre : pour faire valoir leurs droits, pour conquérir leur dignité, pour tout simplement une belle vie.

Je peux t’assurer très cher Jean-Bernard que nous continuerons à être les acteurs et actrices de cette émancipation humaine dont tu rêvais ! Ta mémoire nous accompagnera, tu seras de nos combats !

Nous continuerons ce que tu as voulu « L’amour de la justice et de la liberté, un fruit qui ne se gâte point car il a le goût du bonheur » disait Paul Eluard, le poète communiste.

J’adresse à Danièle son épouse, à sa mère, à ses filles Anaïs et Marion, à ses sœurs, à sa famille, de la part des camarades communistes toutes nos condoléances et toute notre affection.

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